Histoire du lycée

L’histoire de notre lycée est étroitement liée à celle du fondateur des Filles du Cœur de Marie, le Père De Clorivière. Nous ne pouvons pas non plus ne pas évoquer, en cette année de Bicentenaire, le rôle majeur d’Adelaïde de Cicé. Plusieurs ouvrages existant à leur sujet, le présent texte s’attarde davantage sur la naissance de notre institution.

Pierre de Clorivière
Adélaïde de Cicé

Il y a donc 180 ans, à Nantes, le curé de la Paroisse Saint-Pierre, le père Audrain, était très soucieux de l’éducation des jeunes des milieux populaires.

Il voulait qu’ils reçoivent une éducation morale et chrétienne mais il craignait que l’habit ne soit un frein pour ces familles éloignées de l’Église. C’est pourquoi il s’adressa aux Filles du Cœur de Marie. Pour la petite histoire, tout aussi attentif au sort des jeunes garçons, il décida de les occuper à des jeux de balle sur le Cour Saint-Pierre. De ces regroupements naîtra plus tard le club de la Saint-Pierre qui lui-même est à l’origine du Football Club de Nantes

Mais revenons à nos jeunes filles…
Le père Pierre Audrain rencontra Madame de Saisseval, provinciale adjointe à Paris. En 1835, cette dernière envoya Mademoiselle Dormoy fonder un ouvroir. Ce dernier fut installé dans les étages supérieurs d’une maison voisine de la cathédrale appartenant à Mademoiselle Douillard. Il accueillait alors 6 filles. Après deux déménagements, il prit possession en 1839, rue Talensac, d’une maison plus grande avec jardin.
Père Audrain

Le recensement de la population de 1841 indique qu’au numéro 18, dans une maison de travail dite « le Nazareth », vivent 49 personnes dont 31 élèves. Le vrai nom de l’école est donc bien Nazareth ! Le marché qui s’établit progressivement à la place des anciens abattoirs va faire la notoriété du lieu et imposer son nom : Talensac. En 1898, la directrice Mademoiselle Langlois supervise la pose de la première pierre de la chapelle. Celle-ci abritera longtemps les reliques de Sainte Irène.
En 1920, l’ouvroir connaissant des difficultés de recrutement, la directrice Mademoiselle Mathieu-Sicaud, envisage la création de cours pratiques et commerciaux. Le 23 février 1922, le sous-secrétaire de l’Enseignement technique autorise l’ouverture d’une école industrielle et ménagère. La rentrée a lieu avec trente quatre élèves,sous la direction de Mademoiselle Simon. Parmi ces nouvelles élèves, la jeune Ginette Fonteneau qui recevra,des années plus tard, la Légion d’Honneur pour son rôle dans la Résistance.

Devenue Madame James, elle témoignera de son passage à l’école devant un public empli d’émotion, réuni dans la chapelle à l’occasion des 180ans du lycée. En 1933, lorsque Mlle Aloë remplace Mlle Simon, l’école Talensac compte déjà 170 élèves et rachète peu à peu toutes les maisons avoisinantes… Toutes sauf une, notre actuel bâtiment G qui est alors l’école St-Similien. Celle-ci est en difficulté.

Mademoiselle Langlois

Un nouveau directeur, Jean Baptiste Legeay, est nommé. Il redresse l’établissement si spectaculairement que ces locaux anciens en sont surpeuplés et invivables au quotidien. Avec l’accord du curé de la paroisse, il cherche alors à quitter les lieux. Il trouve d’autres locaux mais il lui faut vendre ceux qu’il occupe. « Nazareth» est intéressé, mais le propriétaire refuse son accord.En mai 1940, l’école ménagère ac-cueille des réfugiés. En juin, elle est évacuée pour quelques mois. Les enfants sont de retour en octobre. Mais les bombardements de 1943 contraignent à nouveau à l’exil dans le Maine-et-Loire et en Vendée. En 1944, pour les 330 élèves, la rentrée se fait dans des conditions matérielles précaires.En 1959, l’école compte 600 élèves.Dans les années 60, de nouvelles sections s’ouvrent, orientant déjà le lycée vers les formations des secteurs administratif et médico-social. Des nouveaux bâtiments sont nécessaires.Mademoiselle Gourichon engage des travaux afin d’ériger le Bâtiment Eau centre de la cour ; d’abord, sur un1 étage puis quelques années plus tard, sur 2 niveaux. En 1969, les Filles du Cœur de Marie récupèrent enfin les locaux de l’école Saint-Similien. En 1972, le premier laïque, M. Cotta, prend la direction. En 1976, s’ouvre le premier BTS. Il sera, faute de place,logé au centre Ozanam. La transformation se poursuit à la fin des années 80 à l’initiative de Mademoiselle de Cambolas qui lance la construction du Bâtiment F.

Ginette Fonteneau

Au début de la décennie suivante, c’est le nouveau directeur Joël Deniot qui engage la construction du Bâtiment B. Les habitués du marché voient pousser sous leurs yeux ces deux bâtiments, hauts de cinq étages. Le nouveau BTS Biochimie s’y installe dans des laboratoires flambants neufs. Dans ces mêmes années, un Centre de Formation Professionnelle est créé. Durant toute cette période, un homme va veiller aux bonnes destinées du lycée : Jean Gravier.

Joël Deniot

Président d’OGEC, il jouera, de par son implication dans l’école catholique pendant de nombreuses années, un rôle majeur pour Talensac. Toujours présent en tant que membre d’honneur à l’OGEC en 2011, il rendra possible par son soutien le projet de regroupement des établissements Talensac et Jeanne-Bernard. Mais reprenons la chronologie de cette histoire. L’année scolaire 99/2000 commence avec la fusion du lycée Jeanne Bernard et de l’institut Bel Air. La formation unique en travail social de ce dernier rejoint Saint-Herblain, permettant ainsi au Centre de Formation Professionnelle de s’installer rue de Bel-Air dans un bel hôtel particulier appartenant aux Filles du Cœur de Marie.

 

En 2007, une fusion est envisagée entre le lycée Jeanne-Bernard/Bel-Air et le lycée Talensac. L’opération s’achèvera en 2012. Le regroupement des deux lycées et du CFP, sur le site de Talensac ainsi que la nécessité de mettre les locaux aux normes de sécurité et d’accessibilité, amorcent une longue période de travaux concernant chacun des bâtiments. Ce regroupement est aussi l’occasion de déménager l’internat dans les locaux de l’ancien foyer Sainte-Geneviève, rue Paul Bellamy. Le potentiel de ce site permettra d’y édifier une crèche associative.Au cours de la cérémonie d’anniversaire des 180 ans du lycée, tous ces bâtiments neufs ou réhabilités ont reçu un nom en lien avec l’histoire ici retracée.En 2016, le lycée s’ouvre à la polyvalence en proposant pour la première fois deux filières de l’enseignement général. En contrepartie, il doit cependant transférer sa filière STL à un autre établissement. De tout temps, l’attention éducative portée aux jeunes et la qualité de l’enseignement ont fait la force de notre institution. Ces qualités premières héritées de l’esprit de nos fondateurs s’exercent désormais au sein de bâtiments neufs ou réhabilités et dont l’équipement a été profondément modernisé. Avec l’ouverture de 5 classes en lien avec l’enseignement général,le lycée Talensac peut, depuis sa place centrale au cœur de Nantes, envisager sereinement l’avenir. La perspective d’une 5ème seconde à la rentrée2019 devrait confirmer cette embellie.

Jean Gravier
elit. id vulputate, non Praesent consectetur venenatis