La chapelle du lycée : un lieu chargé d’histoire…

Le lycée Talensac toujours porteur de projet est actuellement en pleine réfection de sa chapelle. C’est l’occasion pour nous de retracer son histoire.

Une 1ère pierre en 1898

La chapelle du lycée Talensac, de style néogothique, date de la fin du XIXe siècle. C’est Mademoiselle Langlois, alors directrice, qui supervise la pose de la première pierre en 1898. D’après d’anciennes photographies, il semblerait qu’il en existait une plus ancienne et plus modeste (1850). La chapelle a été placée sous le vocable de Sainte Irène. Pendant longtemps, s’y trouvait les reliques de cette sainte, enfermées dans une châsse en verre à la vue de tous. Après avoir été remisée, elle fut déplacée en 2012, sous escorte policière, en direction de la cathédrale de Nantes, puis revenue à Talensac.

Des éléments remarquables

Cette construction possède plusieurs éléments remarquables qui méritent notre attention, à savoir : ses fresques murales, ses vitraux et rosaces en plus de son architecture. L’entrée principale possède un fronton sculpté représentant une couronne d’épine, avec en son centre, un cœur transpercé d’une flèche (allégorie renvoyant à l’iconographie ancienne du Sacré Cœur de Jésus).

Autour, nous voyons une devise latine en partie effacée par le temps : DOLORIS (PERTRANSIVIT) GLADIUS. Il s’agit d’un extrait du Stabat Mater, épisode de la Passion du Christ, qui correspond littéralement en français au passage suivant : « dont un glaive de douleur a transpercé le cœur » ou mieux encore « Son âme gémissante, désespérée et souffrante, fut transpercée d’un glaive ».

Au dessus de la porte, apparaît une rosace finement ciselée consacrée à Notre-Dame du Bon Conseil. A l’intérieur, en face, une seconde rosace est consacrée cette fois-ci au Christ Glorieux et Rédempteur (dans le médaillon y figure justement le Christ auréolé, avec sur son épaule la tête de Saint Jean l’Evangéliste lors de la dernière Cène).

Poursuivons notre visite…

Des versets bibliques en or

Dans la nef, à droite, nous trouvons quelques fresques murales en polychromes, typiques du XIXe siècle.

On y aperçoit des inscriptions latines, en lettres d’or, parfaitement conservées. Il s’agit de versets bibliques, et précisément, des sept dernières paroles du Christ, parmi lesquelles : « Mulier ecce filius tuus, ecce mater tua » que l’on peut traduire « Femme voici ton fils. Voici ta mère » lorsqu’avant de mourir, Jésus confia sa mère à Jean et réciproquement ; « hodie mecum eris in paradiso » soit « Je te le dis, en vérité, aujourd’hui même tu seras avec moi au Paradis » (Jn, XIX,26-27) et « Pader dimitte illis non enim sciunt quid faciunt », ce qui signifie « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc, XXIII, 34).

L’art au service de la dévotion

Ce lieu abrite également diverses statues imposantes (Sainte Jeanne d’Arc, Sainte Thérèse de Lisieux et Notre-Dame de Lourdes), en plus du monumental Christ en croix, accroché dans l’alcôve du chœur. Un peu au-dessus de ce dernier, un cœur en gloire brille d’or et plafonne la clef de voûte. Jadis, il y avait d’autres statues mais les aménagements successifs ont réduit leur nombre. Tout, en ce lieu, rappelle le culte du Sacré-Cœur. L’art était alors au service de la dévotion !

Par ailleurs, lors des grands travaux entrepris dans les années 1990, pour agrandir l’établissement avec la construction du Bâtiment B (1993), la chapelle a été désaffectée et transformée temporairement en Centre de Documentation et d’Information (CDI). A cette époque, c’est Madame Vaillant, professeur-documentaliste, qui fit le transfert du fonds documentaire dans la chapelle. Le CDI y restera pendant un an, le temps des travaux.

Les offices par une trappe

Enfin, pour l’anecdote, une salle jouxtant la chapelle, permettait autrefois aux religieuses malades, de la congrégation des Filles du Cœur de Marie, d’assister aux offices grâce à une petite trappe. Aujourd’hui, cette « salle des malades » est devenue une classe (A101 Info).

Cette campagne de restauration nous aura permis de nous replonger dans son histoire. Espérons que ce patrimoine sauvegardé vivra encore longtemps car, pour nous tous, il reste et demeure à jamais un témoignage de notre passé.

 

Par Benoît MICHOT BAGUENARD – Enseignant documentaliste

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